Superman

Un film de James Gunn

Pour son septième long-métrage, James Gunn s’est tourné vers un genre qu’il connaît bien, le blockbuster de super-héros. Ce n’est donc pas une surprise de le voir se consacrer à l’un des premiers mythes américains, le super-héros Superman apparu aux États-Unis en 1938.

La trilogie Les Gardiens de la Galaxie et sa version de Suicide Squad l’ont prouvé, James Gunn possède la fibre et la sensibilité lui permettant d’aborder le genre super-héroïque avec la sincérité nécessaire. De quoi rendre ses personnages si ce n’est crédibles, tout au moins attachants. Chez lui les super-héros sont faillibles, tant psychologiquement que physiquement (la raclée subie par Superman au début de l’histoire en est un bon exemple, même si on a déjà vu le célèbre Kryptonien malmené en d’autres occasions), et c’est précisément cela qui rend ses personnages différents des autres.

Le réalisateur reprend bien sûr la base du mythe, ses origines, ses parents adoptifs, son alter égo humain et son travail au sein du Daily Planet. Le génie du mal est bien là en la personne de Lex Luthor (interprété par un Nicholas Hoult plutôt inspiré, et d’ailleurs familier avec le genre, puisqu’il a incarné à cinq reprises le super-héros mutant le Fauve entre 2011 et 2019 dans la franchise X-MEN). De même, la sémillante Lois Lane fait plutôt bonne figure aux côtés de l’Homme d’Acier, et est accompagnée de l’inestimable Jimmy Olsen, présent depuis la création du personnage.

L’histoire met Superman face à sa Némésis, au cœur d’affrontements toujours plus dévastateurs. Le dessein de Lex Luthor est de décrédibiliser le héros auprès de l’Humanité afin d’avoir ensuite les coudées franches pour assouvir ses volontés expansionnistes. Il est prêt à toutes les bassesses, tous les stratagèmes pour parvenir à ses fins, même si cela implique la mort de milliers d’innocents. Le personnage de Luthor est ici poussé à son paroxysme, sa mégalomanie confinant parfois à l’hystérie, mais sans jamais tomber dans la caricature. Nicholas Hoult fait ici (encore) la preuve de son talent, et confirme ce que l’on savait déjà depuis quelques films : sa palette de comédien est vaste, comme on a encore pu le constater en fin d’année dernière, dans le Juré N°2 de Clint Eastwood et le Nosferatu de Robert Eggers.

Aux côtés de Superman nous retrouvons un trio de super-héros, Green Lantern, Hawkgirl et Mister Terrific, qui forment le Justice Gang. Leader du groupe, Green Lantern est incarné par un Nathan Fillion visiblement inspiré par la forfanterie de son personnage. Le comédien, connu pour son rôle dans les séries Castle et The Rookie, s’en donne à cœur joie avec ce personnage de super-héros à la fois terriblement puissant et si humain. L’occasion pour lui d’exploiter sa fibre comique.

En réalisant Superman, James Gunn a bien évidemment rendu hommage au mythe, mais il a aussi souhaité faire un film sur la tolérance, en passant un message universel de  bienveillance face à l’étranger, cet autre qui nous fait peur et qui n’est pourtant pas si différent de nous. Au travers de cet épisode de la vie de Superman il évoque une chasse aux sorcières vieille comme le monde. L’étranger, ou l’extra-terrestre comme l’appellent les humains fait peur, même si son dévouement à la paix et à la race humaine ne date pas d’hier. Il suffira de quelques manigances astucieuses pour en faire un ennemi, un bouc émissaire providentiel.

Pour interpréter cet étranger aux pouvoirs immenses le réalisateur a choisi le comédien David Corenswet. Celui-ci exprime à la perfection un intéressant mélange de candeur, naïveté et puissance. Il forme avec Rachel Brosnahan (House of Cards) un duo attachant, partageant une relation basée sur la confiance. A l’opposé du comportement de Lex Luthor, qui n’a de cesse de tromper le gouvernement, l’opinion publique, dans la seule fin de parvenir à étendre son influence sur l’Humanité.

James Gunn a mis en image une version globalement réussie du célèbre super-héros. Les avis sont assez tranchés, les spectateurs étant soit conquis soit pas du tout séduits.

Le film se termine sur l’irruption de la turbulente cousine de Superman, Supergirl. L’héroïne s’affichera sur nos écrans l’été prochain, on espère qu’elle bénéficiera de la même approche. Viennent ensuite les deux scènes post-générique, qui, bien que sympathiques, n’apportent pas de réelle surprise.

Premier film du DC UNIVERSE, Superman jette les bases d’une narration à venir, riches en personnages tous plus flamboyants les uns que les autres. On a hâte….

Jérôme MAGNE

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