
Un film de David Mackenzie
Sympathique péloche nerveuse et maitrisée de bout en bout, The Criminals n’est pas sans rappeler certains films de la fin du vingtième siècle. Mêlant habilement les scènes d’actions à de nombreux rebondissements, le film emporte son public dans un tourbillon incessant.

La charmante débauche d’énergie n’est cependant pas dénuée de défauts, puisqu’elle ne parvient pas à éviter quelques moments prévisibles ici ou la. Mais l’ensemble permet de passer un bon moment, sur le principe du film de braquage a priori balisé, mais qui sème à bon escient des fausses pistes relançant la dynamique lorsqu’elle menace de s’essouffler.
Dans le centre de Londres, un chantier en construction est brusquement mis à l’arrêt, lorsque les ouvriers découvrent une bombe lors de l’excavation. Une bombe qui daterait de la seconde Guerre Mondiale, et qui risquerait d’exploser à tout moment, soufflant plusieurs immeubles à proximité. La sécurité civile et l’armée interviennent aussitôt, la première établissant un périmètre de sécurité autour du chantier, évacuant tous les habitants de la zone, pendant que la seconde envoie une équipe de démineurs afin de mettre la bombe hors service. Pendant ce temps, au milieu du quartier déserté, une équipe de braqueurs profite du black out pour s’introduire dans la salles des coffres d’une banque.

David Mackenzie soigne son entrée en la matière. Il orchestre le terrain de jeu à venir méticuleusement, met en place le décors et présente les protagonistes. Les braqueurs et les forces de l’ordre ont droit au même régime, ils sont dépeints en fonction de leur importance dans l’histoire. On se surprend même à plusieurs reprises à être du côté des braqueurs, avec leur petit côté Robin des Bois. Mais le réalisateur joue avec les apparences, et comme dans tout film de braquage qui se respecte, l’apparente unité des cambrioleurs du début va s’écorner au fil des évènements.

Si la première partie peut paraitre plutôt convenue, sans surprise, elle n’en reste pas moins efficace. Elle a pour but principal d’endormir le spectateur, pour mieux le tromper par la suite. On assiste au déroulement du braquage. Alors que l’officier en charge du désamorçage de la bombe, le Major Will Trantor (interprété par Aaron Taylor-Johnson, révélé par le premier Kick-Ass, et vu récemment dans Bullet Train, Nosferatu et Kraven le Chasseur) réunit une équipe pour sécuriser le site, X (Sam Worthington, le célèbre Jake Sully d’Avatar) dirige l’équipe de braqueurs pour accéder à la salle des coffres de la banque. Cette partie est linéaire, elle laisse peu de place à l’imagination. La seconde partie, une fois le forfait commis, est plus originale. Le rythme s’accélère et les pistes se brouillent peu à peu, les personnages se découvrent un peu plus. C’est là que David Mackenzie tire le mieux son épingle du jeu.
The Criminals est une bonne petite surprise. Le film ne réinvente pas le genre, mais il permet de passer un bon moment. On se surprend à penser aux excellents Piège de Cristal et Une journée en enfer de John McTiernan, toutes proportions gardées. Un parallèle plutôt flatteur, qui montre la qualité de l’histoire. On se rappelle aussi qu’il y a exactement dix ans David Mackenzie avait beaucoup fait parler de lui avec Comancheria, haletant mélange entre western et film de casse. Il ne fait pas aussi fort ici aujourd’hui, mais signe tout de même un bon petit polar.
Jérôme Magne