Spider-Man : Brand New Day

Un film de Destin Daniel-Cretton

 

Cela fait déjà dix années que Tom Holland endosse régulièrement le costume de l’Homme-Araignée. Apparu pour la première fois à l’écran dans Captain America : Civil War des frères Russo en 1986, le comédien britannique incarne ici le célèbre Tisseur pour la septième fois.


Au fil des blockbusters Marvel, le personnage a évolué. Tom Holland l’a enrichi, tout en prenant soin de conserver sa candeur. La naïveté de Peter Parker, associée à la fougue et l’enthousiasme de son alter ego costumé ont depuis toujours fait le charme du super-héros. Spider-Man : Brand New Day reprend le récit des aventures du super-héros là où se finissait l’épisode précédent, Spider-Man : No Way Home. Ayant parcouru le multivers et rencontré ses versions alternatives, Peter Parker a utilisé un sort du Docteur Strange afin de se faire oublier de ses proches dans son univers d’origine. Dans celui-ci MJ Watson et Ned Leeds n’ont donc plus aucun souvenir de lui. Sa double identité reste ainsi secrète, et il mène une vie solitaire, à combattre les criminels qui sévissent dans les rues de New York. Mais lui n’a pas perdu la mémoire, il continue à observer sa bien-aimée et son meilleur pote à distance.


C’est donc un Peter Parker un brin déprimé que nous retrouvons ici. Un jeune homme qui passe sont temps à collaborer avec les forces de l’ordre, leur prêtant main forte jour et nuit pour oublier sa vie d’avant. Mais on remarque rapidement que Peter n’est plus tout à fait le même, il semble subir une transformation qui affecte son humeur et même ses supers-pouvoirs. Sous le costume de Spider-Man il devient plus violent, plus fort, comme si une part sombre prenait le contrôle de ses actes.
Il va croiser à nouveau le Scorpion, Hulk et même le Punisher (toujours interprété par Jon Bernthal) ! Celui-ci lui servira en quelque sorte de side-kick, ce qui est savoureux quand l’on connaît la noirceur du personnage du Punisher. Le violent justicier conserve ici sa vulgarité, son cynisme et même sa fureur et sa brutalité (un peu adoucie malgré tout, le film est tout public en France, et l’avis des parents des enfants de moins de treize ans est conseillé aux USA). On pouvait en effet se demander comment l’univers du Punisher allait pouvoir rencontrer celui de Spider-Man, tant leurs atmosphères sont différentes. Mais l’association fonctionne plutôt bien.


Dans Spider-Man : Brand New Day le Tisseur a fort à faire. Il doit remonter la trace d’un super-méchant qui a le pouvoir de prendre le contrôle des gens, un super télépathe passant d’un corps à un autre au gré de ses méfaits. La piste le mènera à un autre personnage-clef de la galaxie Marvel. Les moments de bravoure ne manquent pas, notamment sa confrontation avec un Hulk au-delà de tout contrôle (il aura auparavant pu s’entretenir avec Bruce Banner), ou encore son jeu du chat et de la souris avec le Punisher.


La superproduction est longue (2h25) mais il n’y a pas de réelles longueurs dans le récit. Celui-ci est équilibré et mêle habillement action, humour, horreur et pathos. Lorsque le rideau se lève le spectateur pourra ressentir une forme de mélancolie. Dans le rôle du personnage principal, Tom Holland est toujours convaincant, et le scénario a eu la bonne idée de faire apparaître ici ou là certains éléments fondateurs du mythe. Ainsi Tante May (Marisa Tomei est fidèle au poste, pour la sixième fois) n’est jamais loin dans l’esprit de Peter, et ce dernier est toujours aussi mordu de sciences et de justice. Il a donc de beaux films devant lui…


Jérôme Magne

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